LES ACTIONS DE L'ECOLE FRANCAISE D'EXTREME ORIENT AU CAMBODGE

(extraits du site officiel de l'EFEO)

 

L'EFEO

Le centre de Phnom Penh, Cambodge / La conservation des manuscrits au Cambodge

Le centre de Siemreap, Cambodge

1) La restauration des temples d'Angkor

2) Les recherches sur la civilisation angkorienne

 

L'EFEO est un établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel sous tutelle des ministères de l'Éducation nationale et de la Recherche. L'EFEO a pour mission la recherche et la formation à la recherche, notamment par le travail sur le terrain dans toutes les disciplines qui se rapportent aux civilisations de l'Asie, principalement de la Chine, du Japon, de la Haute-Asie, de l'Asie du Sud-Est et de la péninsule indienne.

L'École regroupe actuellement une quarantaine de chercheurs orientalistes (anthropologues, archéologues, architectes, historiens, historiens de l'art, linguistes, philologues et spécialistes d'épigraphie). Par tradition, l'EFEO est attachée à l'étude des sources (archéologiques, écrites ou orales) et exige de ses chercheurs la connaissance des langues vernaculaires écrites ou parlées.

Les chercheurs de l'EFEO travaillent dans les centres à l'étranger dans le cadre d'accords de coopération avec les institutions locales (ministères, universités, centres de recherche) et participent à des formations de jeunes chercheurs dans les pays concernés et d'échanges avec les universitaires et les spécialistes du champ. L'EFEO organise des rencontres internationales entre chercheurs et participe à l'organisation de colloques et de séminaires de travail dans les domaines qui relèvent de sa spécialité.

Enfin, elle publie des travaux de recherche de ses membres et peut aider, le cas échéant, à la publication des travaux universitaires.

 

Le centre de Phnom Penh, Cambodge / La conservation des manuscrits au Cambodge

Après une période d'installation en 1990, de recrutement et de formation de personnels spécialisés dans les techniques de restauration et de conservation des manuscrits, l'équipe du Fonds pour l'édition des manuscrits du Cambodge (FEMC) opère sur le terrain, autant que les circonstances le permettent, pour procéder à la restauration physique des manuscrits, quel que soit le support, feuilles de latanier longues (60 cm), ou courtes (25 cm), kraing ou papier moderne, et à l'enregistrement photographique des textes, quelle que soit la langue, khmère ou palie (exceptionnellement yuan, thaïe ou birmane).

Depuis le mois de mai 1991 et jusqu'à ce jour, l'équipe du FEMC s'est rendue dans plus de 750 pagodes du Cambodge (une sur quatre), pour procéder à la restauration et à l'inventaire de plus de 6.500 liasses. Elle a réalisé 220.000 clichés qui ont été dupliqués à l'intention des autorités khmères et elle a constitué un inventaire sommaire informatisé.

83% des monastères ont perdu la totalité de leur bibliothèque. Entre 95% et 98% du patrimoine littéraire traditionnel du Cambodge tel qu'il était présent avant la guerre (1970) a été détruit. Les mesures de sauvegarde et de protection engagées ont donc toujours un caractère d'urgence absolue.

Sur le terrain, l'équipe du FEMC procède à la localisation, à la reconstitution (ré-appareillage des feuillets épars d'une liasse, de liasses éparses d'un même ouvrage), à la restauration physique (ré-encrage, pose de nouveaux cordons de reliure, de nouveaux ais), à l'identification, à l'enregistrement (attribution d'un numéro d'inventaire), au microfilmage et à la protection (restauration des bibliothèques ou offrande de vitrines) des manuscrits des pagodes qui peuvent encore être retrouvés.

Dans son laboratoire, hébergé généreusement par les autorités khmères pendant neuf ans à la Pagode d'Argent dans l'enceinte du Palais Royal de Phnom Penh, et depuis le mois de janvier 1999 au Vatt Unnalom, Siège du Suprême Patriarche du Cambodge, l'équipe du FEMC procède au développement de films de grande longueur (250 poses) et à leur duplication, à la constitution de listes informatisées, au catalogage des titres et à la saisie informatique, dans l'écriture des manuscrits, de quelques textes destinés à la recherche ou à l'édition. Chaque manuscrit du Cambodge reçoit un numéro d'inventaire alphanumérique qui permet de situer le monastère dans lequel il se trouve et d'en connaître la nature.

L'enregistrement sommaire informatisé de tous les manuscrits microfilmés constitue l'inventaire provisoire des manuscrits des bibliothèques de monastères du Cambodge qui permet, pour chaque manuscrit, de connaître immédiatement sa localisation et sa nature, de savoir pour chaque copie si elle est complète ou non.

En outre, depuis 1992, le FEMC a organisé et gère la bibliothèque Preah Vanarat Ken Vong installée dans le Vatt Saravan de Phnom Penh depuis 1994. Ce fonds de manuscrits, rassemblé par l'ancien Vénérable de ce monastère en 1979, est, de très loin, le plus important du Cambodge (3.500 liasses manuscrites).

Enfin, l'équipe du FEMC, après en avoir achevé la restauration, gère la bibliothèque du monastère de Phum Thmei, dans la province de Kompong Cham, qui est sans doute la seule de tout le Cambodge à n'avoir pas été, fût-ce partiellement, détruite. La richesse du fonds (2.538 liasses contre 5.500 dans l'ensemble des 450 monastères de la province de Kandal, par exemple), l'intérêt de la plus importante collection de textes littéraires de tout le pays, son état de préservation miraculeux (l'immense majorité des textes étant complets) en font un document exceptionnel et justifient les mesures prises, non seulement pour sa conservation, pour la mise en œuvre d'un catalogue détaillé, mais également pour qu'un centre d'étude puisse être organisé autour de cette collection. Le développement de ce centre est encouragé par les responsables du monastère qui ont mis un vaste bâtiment traditionnel à la disposition du FEMC.

Depuis 1993, le FEMC est placé sous le très haut patronage royal.

 

Le centre de Siemreap, Cambodge

Au Cambodge, suite à l'extension du protectorat français aux provinces d'Angkor, de Battambang et de Sisophon, rétrocédées par le Siam par le traité du 23 mars 1907, l'EFEO se voit confier l'étude et la restauration des monuments d'Angkor. Pour cette jeune institution s'ouvre alors officiellement un vaste champ de recherche, mais s'impose aussi la lourde tâche de sauvegarder les nombreux temples dispersés dans la forêt sur environ 400 km2. Pour gérer cet immense site, l'EFEO crée alors en 1908 une "Conservation d'Angkor", organisme qui sera rattaché au ministère de la Culture lors de l'indépendance du Cambodge en 1952, mais dont la direction restera confiée à l'EFEO jusqu'à la prise du pouvoir par les Khmers rouges en 1975. Depuis 1992, l'EFEO a rouvert son centre, relancé plusieurs programmes de recherche et des chantiers de restauration. Son action s'inscrit désormais dans le cadre d'une coopération internationale pour la sauvegarde d'Angkor, coordonnée par l'UNESCO. L'histoire du centre de l'EFEO à Siemreap est donc indissociablement liée à celle de l'étude et de la restauration des monuments d'Angkor.

1) La restauration des temples d'Angkor

Tous les monuments du "parc d'Angkor", dont les limites ont été fixées en 1931, ont été dégagés, et de nombreux travaux de restauration ont été entrepris. Depuis 1908, les travaux de la Conservation d'Angkor ont naturellement évolué au fil des ans, des conservateurs (architectes, pour la plupart), des techniques et de l'approfondissement des connaissances sur l'architecture angkorienne.
Lors de la réouverture du centre en 1992, sous la direction de Jacques Dumarçay et grâce aux financements du ministère des Affaires étrangères français, les travaux se sont essentiellement portés sur la reprise des chantiers de restauration de Bernard-Philippe Groslier : le Bapuon et les Terrasses royales d'Angkor Thom. C'est sur une partie de ce dernier monument, la Terrasse du Roi Lépreux, de modeste envergure mais très spectaculaire, qu'a été rouvert le premier chantier (1993-96, Christophe Pottier), suivi par la restauration du perron nord de la Terrasse des Eléphants (1996-1999, Christophe Pottier). Par ailleurs, en 1995, a été rouvert le chantier du temple-montagne du Bapuon, le plus vaste chantier actuellement en cours à Angkor, dont l'achèvement est prévu en 2004 (Pascal Royère).

2) Les recherches sur la civilisation angkorienne

Après la vague de prospections et d'inventaires des monuments et des inscriptions amorcée à la fin du XIXe siècle par Etienne Aymonier et E. Lunet de Lajonquière, les premières recherches se concentrent sur l'établissement d'une chronologie basée essentiellement sur l'exploitation du corpus épigraphique (Louis Finot et George Coedès) et sur l'approfondissement de la connaissance des monuments, tant d'un point de vue architectural (Henri Parmentier et Henri Marchal) que par l'analyse stylistique de leur ornementation (Philippe Stern). L'établissement de ce cadre chronologique général permet dans les années 30 le développement de nouvelles problématiques.
Depuis le début des années 90, les recherches de terrain ont repris. Elles s'organisent désormais autour d'un thème principal, "de l'espace du temple à l'aménagement du territoire" qui comprend des études architecturales et archéologiques sur trois échelles complémentaires :
- l'échelle du temple : Angkor Vat et Bapuon (Pascal Royère), Terrasses royales et Bakong (Christophe Pottier), structures du Palais Royal (Jacques Gaucher),
- l'échelle des établissements urbains : Angkor Thom (Jacques Gaucher),
- l'échelle de l'aménagement territorial : périphérie angkorienne (Christophe Pottier) et extension de l'empire khmer (Bruno Bruguier).


Dans un autre domaine, Bruno Dagens, qui avait dû abandonner en 1972 l'inventaire et l'étude des pièces du dépôt archéologique de la Conservation d'Angkor, a achevé ce travail en 1997. Nadine Dalsheimer a réalisé un inventaire similaire au dépôt de Phnom Penh, parallèlement à des recherches sur l'évolution de la statuaire.

 

 

 

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